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DOS & DON'TS
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Le problème des droits de l’homme en Corée du Nord doit être résolu de toute urgence, la situation est déplorable. Près de 3 millions de personnes sont mortes de faim entre 1993 et 1998. Ça a commencé en 1993 parce que c’est l’année où Kim Il-sung est mort. Après son décès, c’était le chaos. Les officiers haut placés ne se sont pas préoccupés du sort des gens normaux parce qu’ils étaient trop occupés à sauver leur tête. J’ai crevé de faim, à l’époque. Au bout de dix jours ou plus de famine, vous perdez toute votre énergie. Vous n’arrivez plus à marcher. Quand j’ai réussi à sortir dans la rue, j’ai vu une personne devant moi s’écrouler, et elle n’avait plus assez d’énergie pour se relever. Elle est juste restée couchée au milieu de la route, parce que son estomac était complètement vide. Je n’ai pas pu l’aider parce que j’avais moi aussi le ventre vide, alors j’ai passé mon chemin, et elle est morte là. J’ai vu beaucouup de gens par terre dans la rue. À cette époque, les jeunes en Corée du Nord ont commencé à s’enfuir de chez eux parce qu’il n’y avait rien à manger. Ils s’enfuyaient et vivaient avec d’autres jeunes. On les a appelé les koseibi, «les jeunes enfants qui se déplacent comme des hirondelles». Ils volaient ou mendiaient, et c’est comme ça qu’ils survivaient. Il fait très froid en Corée du Nord, et si cinq d’entre eux s’endormaient à la gare, seuls deux ou trois se réveillaient. Ils mourraient de froid. Il y avait tellement de cadavres dans les gares que le gouvernement a créé une organisation pour les ramasser. C’était le service public 918. Il y avait tellement de koseibi qui mourraient tous les jours, que le service public 918 les a enterrés près d’une montagne, non loin de Pyongyang. Durant l’hiver, le sol est gelé, alors on ne peut pas creuser assez profondément pour enterrer des cadavres. Ils ont creusé des trous peu profonds, y ont déposé les corps et les ont recouverts d’un peu de terre. Quand j’étais à l’école, un ami était dans un champ de riz près de la ville, et juste derrière, il y avait une montagne où on enterrait les gens. Il n’y avait pas assez de pierres pour les tombes, il n’y avait que des pancartes blanches avec les noms de famille. Au printemps et à l’été, les corps qui n’avaient pas été enterrés assez profond ont commencé à ressortir et à sentir. Les squelettes, ça allait, parce qu’ils ne sentent rien, mais certains corps n’étaient pas encore complètement décomposés et avaient encore de la chair sur les os. Ça produit une odeur très forte. ![]() Mon père a été enfermé dans la prison des détenus politiques et ma mère travaillait en ville pour gagner de l’argent, pour nous élever, mon frère et moi. Donc on se retrouvait seuls à la maison avec un bol de maïs qui devait nous durer cinq jours. Je mangeais un grain par heure. Il faut 15 millions de tonnes de riz pour garantir la survie du peuple nord-coréen pendant un an. Depuis les années 1960, la production de riz n’a jamais dépassé 8 millions de tonnes. L’Union soviétique et l’Allemagne de l’Est nous aidaient, mais maintenant, la Corée du Nord ne reçoit plus aucune aide, même de ses alliés. La seule manière d’améliorer les choses, c’est de faire connaître au monde entier le sort terrrifiant des Nord-Coréens aujourd’hui. L’attitude des États-Unis n’arrange rien. Ils interdisent les échanges commerciaux entre la Corée du Nord et les autres pays. Ça contribue à la famine, mais c’est le gouvernement de Kim Jong-il qui est avant tout responsable du malheur des Coréens. Il ne veut pas ouvrir les frontières car il a massacré un nombre incalculable de gens pour rester au pouvoir. Ils ne peuvent pas s’ouvrir car ils risqueraient d’être traduits en justice devant un tribunal international. La plupart des réfugiés vivant en Corée du Sud envoient de l’argent à leur famille restée là-bas. Parce qu’en Corée du Sud, même sans argent, on peut survivre, mais quand on n’a pas d’argent en Corée du Nord, on meurt. La vie est étrange. C’est tout ce que j’ai à dire aujourd’hui. PROPOS RECUEILLIS PAR AMIE BARRODALE ON S’EN EST SORTIS | 1 | 2 | 3 | |