DOS & DON'TS






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DU CÔTÉ DE THE CREATORS PROJECT



DU CÔTÉ DE NOISEY








PHOTOS: LELE SAVERI TEXTE: RÉDACTION VICE ITALIE


ous connaissez la ville de Predappio? C’est un endroit bizarre. On est tombé dessus par hasard en traversant le centre de l’Italie pendant les vacances. C’est un petit village de l’arrière-pays italien qui ressemble à n’importe quel autre petit village de l’arrière-pays italien à la seule différence que toute son économie repose essentiellement sur le culte voué à l’inventeur du fascisme, le plus célèbre enfant du pays: Benito Mussolini. C’est comme si la ville natale d’Hitler (Braunau, en Autriche) avait fait construire une piscine municipale en forme de swastika ou que Vichy avait construit un parc d’attraction Pétainland.

Les habitants de Predappio sont divisés en deux groupes. Il y a ceux qui font tout leur possible pour ignorer le passé sanglant de leur village et ceux qui sont bien contents de traire la vache à lait fasciste en vendant de charmants petits souvenirs style drapeaux nazis, vin «race blanche», boules à neige Hitler ou matraques Mussolini.

On a passé quelques jours sur place et réussi à convaincre un gars de nous faire visiter la résidence privée de Mussolini. On a dû promettre de ne pas prendre de photos, mais mentir comme des porcs ne nous pose aucun problème.


Comme les autorités locales ne veulent pas explicitement attirer les touristes fascistes, que ce soit les «fans d’histoire contemporaine» ou les bons vieux skinheads, le seul signe qui te donne une idée de l’endroit où tu arrives est celui-ci.



Le genre de trucs qu’on peut voir dans la vitrine de Predappio Souvenir, le premier magasin qui a décidé de s’en foutre et de s’en mettre plein les poches grâce à la nostalgie mussolinienne. Ces badges coûtent 2 euros.



Voilà les matraques avec des slogans fascistes dessus. Quand on est arrivé à la caisse pour payer notre eau de toilette «Mussolini Nostalgia», le propriétaire nous a demandé d’où on venait. Quand on a dit «Milan», il a répondu: «Avec tous les communistes qu’il y a chez vous, vous feriez mieux de prendre un de ces trucs, pas du parfum.»



Les propriétaires étaient tellement gentils qu’on a longtemps cru qu’on était dans une boutique «Hello Kitty». Les swastikas et les logos SS nous ont ramenés à la réalité. Les bustes de Mussolini coûtaient entre 8 et 120 euros.



Les peintures dans le fond sont de Romano, le fils de Mussolini. En plus d’être un talentueux saxophoniste, il semblerait qu’il soit aussi un talentueux artiste.



Ces chapeaux appartenaient au Duce lui-même. Ils n’étaient pas à vendre. Ils faisaient partie de l’immense collection d’objets ayant appartenu à Mussolini amassés par le propriétaire.



À SUIVRE:
LES DUCE BAGS | 1 | 2 |